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eliane larus

  • Pirouette et Sans Pattes

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    Fonde la cire des bougies de Noël ! Les poupées du baby-boom peuvent bien perdre leur son, l’année ne commence pas si mal. Grâce à Eliane Larus et à Robert Combas, 2018 s’avance vers nous pour un baiser gentiment interstiCiel.

    De la première cette Pirouette de vœux arrivée dans notre hotte comme une sucette à l’anis.

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    Du second une phrase, lue dans un entretien avec Eric Delhaye (Je n’écoute en boucle que mes disques) paru dans Libération le 7 janvier. A la question : Le disque que tout le monde aime et que vous détestez ? l’idole de la Génération Figuration Libre répond : « Yes et Genesis, j’ai toujours détesté. Ce sont de grosses machines. C’est comme Jeff Koons : je n’ai rien contre lui, mais on ne fait pas le même métier ».

     

    Shamanisation

    Les Sans Pattes Co-realisation Robert Combas & Lucas Mancione
    Paroles : RC/Musique : RC &LM
    Special guest : Genevieve Boteilla / Marc Duran / Pierre Reixach

    Lien permanent Catégories : Flonflons, Souvenirs, souvenirs 0 commentaire Imprimer
  • Histoire de Monsieur D.

    Monsieur D., peu complaisant envers lui-même, s’est un jour reconnu dans ce modeste souvenir d’un Carnaval de Nice, présent dans la collection d’art populaire d’Eliane Larus. Et il est vrai qu’il y avait une ressemblance.

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    Peu d’hommes m’auront autant étonné et ravi que Monsieur D.

    J’ai fait sa connaissance dans les années quatre-vingt au marché aux puces de Montreuil. Un samedi matin donc, un homme d’une quarantaine d’années, aux sourcils épais et au visage candide, vêtu d’une veste trop étroite et d’un pantalon défraîchi me demanda très poliment la permission d’installer près de moi sur le sol un journal destiné à mettre en vente quelques vêtements d’occasion. J’acceptais volontiers, lui précisant que je n’avais de toute façon aucun droit sur l’espace qui m’entourait. Malgré cet aveu il me remercia chaudement. Dès le début de nos relations, il me demanda d’être discret avec son nom car il avait le goût du secret et puis il faisait partie d’une famille dans laquelle, contrairement à lui, on réussit d’ordinaire sa vie. Ce qui était vrai.

    Tirant de maigres bénéfices en revendant les objets qu’il trouvait dans les poubelles, il me proposa bientôt de m’apporter à domicile les choses les plus intéressantes qu’il trouverait désormais. Il prit donc l’habitude de passer chez moi une ou deux fois par semaine me présenter des objets, m’en demandant une somme modeste. Il était convenu que je pouvais les revendre un bien meilleur prix, détail qui ne lui déplaisait pas. Comme je lui proposais de me laisser vendre d’abord les objets pour partager ensuite les bénéfices, il me répondit que ce n’était pas la peine car les sommes que je lui donnais étaient bien supérieures à ce qu’il obtiendrait lui-même, puisque, de toute façon, son apparence lui portait préjudice.

    La plupart du temps il refusait d’entrer chez moi et nos affaires se déroulaient sur le palier car il s’estimait indigne d’entrer dans un appartement comportant une collection d’archéologie. Un matin, pour une raison de discrétion, il me téléphona en espagnol depuis le comptoir d’un café pour me proposer de passer dans l’après-midi. Un autre jour, pour la même raison, il m’appela en anglais. Un soir, il accepta d’entrer chez moi pour y déposer un important lot de papiers trouvé, comme d’habitude, dans une poubelle. Certains papiers datant apparemment du dix-neuvième siècle, je les examinais attentivement. L’un d’eux étant rédigé en allemand je lui dis que malheureusement je ne comprenais pas cette langue. Il prit alors le document et le traduisit sans peine.

    Il circulait dans Paris surtout la nuit, dans les quartiers bourgeois, sur un vélomoteur tirant une petite remorque patiemment remplie de choses trouvées. Des écouteurs trop grands reliés à un magnétophone fixé sur son dos lui permettaient d’entendre des poésies. Habitude qui fut la cause d’un accident de la circulation sans gravité mais assez comique.

    Il habitait un hôtel meublé du treizième arrondissement, dans une chambre curieusement triangulaire comportant un lit de fer, une armoire en bois triste et un minuscule réchaud à gaz sur lequel cuisaient souvent des petites pâtes connues sous le nom de coquillettes.

    C’est lui qui m’a expliqué pourquoi des choses de prix sont parfois jetées à la rue. Dans les cas les plus courants, des personnes se débarrassent simplement d’objets sans se préoccuper de leur éventuelle valeur. Lors de certaines circonstances, des domestiques auxquels on demande de vider un placard s’acquittent de la tâche sans se poser de questions. Dans d’autres occurrences il s’agit de vengeances matrimoniales : on jette des objets aimés pour punir quelqu’un.

    Un jour monsieur D. décida de partir pour Nice, pensant que cette ville habitée par de d’innombrables vieillards serait propice à de bonnes trouvailles. Malheureusement ce ne fut pas le cas. La patronne du modeste hôtel où il était descendu s’étant montrée peu aimable, il lui vint l’envie de la corriger. Il se confectionna donc un vêtement d’une longueur inaccoutumée en cousant plusieurs vestons et manteaux l’un après l’autre. Et il sortit de cette manière plusieurs fois de l’hôtel, tirant cette misérable traîne derrière lui. Au bout de deux jours la patronne n’y tint plus et le congédia.

    Monsieur D. retrouva donc Paris avec soulagement non sans avoir, une dernière fois, puni la patronne de l’hôtel à sa façon. Le jour suivant son départ un jeune garçon en veste blanche livra en effet à cette femme désobligeante une jolie boîte blanche sur laquelle était fixé ce message : Madame, Vous avez été désagréable avec moi, qui suis pourtant un homme bien élevé. Aussi je vous quitte. Vous ne méritez que ce gâteau.

    Ce mot accompagnait effectivement un excellent gâteau acheté dans une bonne pâtisserie.

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