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Rêveries fertiles

  • Les lettres E.Texanes-suite

    To : Us-bek (ThxC-734)

    From : Rica (Rswp-256)

    Subject : une transmission dans la langue indigène(2)

     

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    Sinon, je me suis faite aux coutumes familiales. La recherche éperdue de pièces détachées toutes aussi {incongrues} les unes que les autres ou encore les opérations secrètes où l’on fait des repérages aux alentours de la maison.

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    Mais ce qui me fascine le plus, ce sont les missions de reconnaissance. Il s’agit d’aller, à la nuit tombée, inspecter vaches et taureaux, avec la plus belle chose que nous ayons à disposition ici : une lampe de poche.

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    Quel objet sensationnel ! Je tâcherai de t’en rapporter une pour que tu voies la merveille. Rien de plus attrayant pour moi que ce faisceau qui éclaire une seule partie des choses, celle que l’on choisit.

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    Ici, les habitants semblent avoir survécu à plusieurs cataclysmes qui portent les mêmes prénoms qu’eux. Ils n’ont aucun doute quant à la fin prochaine de leur monde.

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    Aussi cette petite famille s’acharne t-elle à préparer sa soucoupe volante pour le grand départ. Je les aide du mieux que je peux, sans dévoiler notre technologie. Ce qui me surprend beaucoup c’est que si je leur révélais qu’aucune galaxie - en l’état actuel de leurs connaissances - ne pourrait les accueillir, je pense qu’ils ne changeraient rien à leur comportement.

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    J’en viens au terme de mon observation. C’est comme si les humains étaient infra-lucides. Ce qu’ils savent de plus juste est enfoui au fond d’eux-mêmes. Il n’y a pas de {corollaire}, ni décision rationnelle et le même processus se poursuit toujours, {auréolé} d’une chose très singulière qui se nomme l’espérance. Ce sentiment nous est tout à fait étranger, ce qui explique que je sois complètement passée à côté. Cet espoir, je l’ai d’abord pris pour de la bêtise.

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    Te rends-tu compte que les noms de nos vénérables planètes figurent sur leurs barils de lessive ? A ce détail et à bien d’autres, je pense cette espèce n’a pas tort d’envisager pour elle le pire des {destins}. Je pense que les humains qui veulent survivre devraient aller habiter dans les caravanes qu’ils possèdent au fond de leur jardin.

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    Certains individus – à mon avis d’une intelligence supérieure – ont déjà pris place dans ces unités d’habitation réduite. Ils auront ainsi une infime chance de réchapper à la {catastrophe} qui me paraît inéluctable.

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    Une formule de chez eux pour finir :logo sophie.jpg

    Bien à toi

    R

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  • Les lettres E.Texanes

    To : Us-bek (ThxC-734)

    From : Rica (Rswp-256)

    Subject : une transmission dans la langue indigène

     

    Cher U,

    Je ne t’ai pas écrit aussitôt car j’ai rencontré quelques difficultés d’adaptation dans ce pays de {cocagne} où les adultes sont des enfants comme les autres. Seule leur dimension diffère ce qui permet heureusement de les distinguer.

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    En apparence, cette population n’est pas très évoluée. Elle a l’aspect d’une fourmilière mais avec une dynamique de dispersion sans aucune logique.

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    Débarquée dans cette petite ville (Texas) en pleine nuit, j’ai été aussitôt aveuglée par le scintillement des astres. Un {gruyère} de nuit morcelé d’étoiles trop rapprochées, comme si j’étais sous cloche. Avec la réverbération, j’ai eu l’impression d’avoir rétréci à la taille d’une figurine‑jouet. Étrange ciel dans lequel règne en permanence un vaisseau en forme de coquillage d’une couleur que je ne connaissais pas.

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    Après consultation du nuancier, il s’agit d’un rose pulp. Tu devrais voir ça, c’est étonnant ! Tous ici l’appellent soucoupe volante. Moi, cela m’évoque plutôt un de leurs organes génitaux cachés. Tu penses bien que cet aspect des choses leur passe au-dessus de la tête.

    Jusqu’ici, je n’avais pu me mêler vraiment à ces groupuscules que l’on qualifie de familles. Tu seras amusé d’apprendre comment j’y suis parvenue.

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    Un matin j’ai trouvé sur le bord de la route deux jambes d’homme dépassant d’un véhicule à l’arrêt dont s’échappait de la fumée. Intriguée, je me suis approchée. Au début, je n’ai pas eu l’impression d’être utile car l’homme s’est montré contrarié que j’ai pu réparer sa voiture à la vitesse {de l’éclair}.

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    Ce n’était pas très prudent, mais je n’ai pu résister : un jeu d’enfant comme ils disent ici quand c’est facile. Visiblement, l’homme était très déçu. J’ai cru comprendre qu’il espérait profiter de cette panne pour récupérer des pièces détachées de première importance. Il était très agité et parlait sans arrêt mais il m’a quand même ramenée dans sa famille en disant que j’avais des pouvoirs surnaturels.

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    Et là, surprise ! Dans le jardin, une autre de ces soucoupes volantes. Ces gens prétendent que c’est pour préparer leur futur, sauver leur avenir. Ils se sentent protégés car il n’est pas donné à tout le monde de capturer un engin pareil, de le maintenir au sol et le {domestiquer}.

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    Ils m’ont raconté qu’une fois, ils ont eu un vaisseau-mère mais qu’il s’est échappé ce qui expliquerait pourquoi cette soucoupe est l’objet de toute leur attention. Moi, elle ne m’inspire pas confiance. Parfois, on la tracte en ville avec le {pick-up} pour montrer qu’on en possède une. C’est l’attraction du jour, les enfants courent derrière avec enthousiasme.

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    à suivre ...logo sophie.jpg

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  • Avignon sur le pont

    Autre marque d’intérêt, les notions « interstiCielles » ont fait venir en tête de Michel Benoit, animateur (et photographe) du blogue  Avignon ˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉ  cette poésie qu’il a postée sur notre précédent blogue.

    Je la retranscris aujourd’hui pour le plaisir et pour ceux qui viennent d’arriver sur l’ii :

    Les espaces de l’espace sont aussi vides que pleins

    La menace des rapaces fait aimer les petits riens

    Tout est rêve qui s’achève alors que tout recommence

    Et la chaîne souveraine fait que rien n’a d’importance

     

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  • Signé : Hansel

    Nous n’irons plus au bois.

    Nous n’aurons plus à retourner sur nos pas. Nous évoluons en pleine lumière. La boue du chemin nous est douce car nos malheurs furent grands. Il faut avancer comme des charrues sans maître. Nous tournons le dos au ciel menaçant et à l’image du père qui s’est laissé convaincre par deux fois de nous semer. Nous ne sommes jamais sortis de l’ornière.

    La sorcière qui nous a tenus sous son joug sévit désormais dans les nues. Elle croit malin de poursuivre une licorne bélier mais cette chimère n’est autre que notre premier lever de soleil depuis longtemps. En captivité, il n’y avait plus ni jour, ni nuit. Juste d’écœurantes sucreries à toute heure. Nous avons perdu la joie enfantine des goûters. Des tortures au sucre bouillant : petit boulé, grand boulé. Qu’est-ce qu’on en a bavé !

    Une nuit, la sorcière m’a coupé l’oreille. Elle aimait trop les pieds de cochon et le cartilage jeune, elle voulait nous charcuter et me voyait déjà mort et engraissé. Tu lui es rentré dans le lard et, dans son ignoble four, tu l’as logée.

    Merci sœurette, ne lâche pas ma main pour autant. Je rêve de tombées de poireaux comme des prairies, de buissons d’épinards, de bosquets choux-fleurs et brocolis. Nous nous mettons au vert, les poches pleines du butin dérobé. Nous deviendrons des rois riches aux dents gâtées. Bientôt, nous porterons des couronnes.

    Nous n’irons plus au bois.

    Signé : Hansel

    (Gretel ne sait pas encore écrire, alors je signe pour elle).

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  • Thélème-les-Bains

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    Alors, c’est donc ça, Carnevali… Un cirque de plus, mais allongé sur la mer. Quelle prétention, mais quelle beauté ! Je prends la parole, moi Ventura, en bonne aînée qui se respecte. Après moi, nos parents se sont calmés sur les prénoms sensationnels. Terminé la fantaisie, il fallait faire du mignon et ça tombait bien, ils ont eu une paire de jumelles : Jeannette & Louisette. Avant leur venue, j’étais belle et j’avais tout pour moi. C’était sans compter que mes cadettes grandiraient, qu’elles prendraient des formes et du bagout et qu’il leur resterait adultes cette grâce un peu pusillanime contenue dans la finale de leur prénom. Affublée d’un prénom comme le mien, j’attends toujours la grande destinée qui va avec.

    Aujourd’hui, nous échouons à Thélème-les-Bains sans trop nous disputer pour une fois car nous sommes intriguées par ce village qui abrite le joyau Carnevali. Hormis quelques négociants, qui ont leurs entrées à Carnevali, le tourisme y est prohibé. Il se dit dans la région que Carnevali est une petite société autarcique, surprotégée par un gouverneur jaloux de son pouvoir. Or, nous sommes là aujourd’hui pour livrer des anchois, les meilleurs du pays, fruits d’une longue tradition familiale. Petits poissons deviendraient grands, notre famille ne s’est jamais démontée devant cet adage idiot et le gros sel fut plus important pour nous que les minuscules perles amassées péniblement par les marins du crû.

    Comme toute jeune femme, j’ai beaucoup trop rêvé de Carnevali. On a toujours entendu dire que les gens qui y vivaient étaient beaux, intelligents, cultivés et libres et qu’il y avait des fêtes endiablées chaque semaine. Peut-être que bien des qualités humaines se trouvent en marge de celles que je viens d’énumérer, mais selon moi, c’est déjà une véritable prouesse d’avoir réuni des gens dotés de tels attributs. Et je m’agace de ceux qui disent que ce sont là des racontars pour faire trisser les jeunes filles. Il faut voir la rudesse des gars de notre pays.

    Je sais en ce moment même à quoi pensent mes sœurs, devenues soudain bien silencieuses. Appuyées sur le parapet, dans la lumière crue de midi, nous rêvassons en regardant la jetée. Dans moins d’une heure, nous serons présentées au Gouverneur, toujours en quête de nouvelles recrues, paraît-il. Car, il ne faut pas croire, il y a du mouvement à Carnevali. Beaucoup s’en repartent mais on ne peut jamais rien tirer d’eux. Ils quittent toujours la région à la hâte. J’espère que ma robe rouge sera comprise. Je suis grevée par toutes les craintes à la fois. J’ai peur qu’il ne choisisse aucune d’entre nous. Je crains également qu’il ne choisisse plutôt mes sœurs parce qu’elles en imposent et se ressemblent comme deux gouttes d’eau, ce qui saisit toujours. Et pour finir, je redoute qu’il me choisisse moi car je pourrais ne pas être à la hauteur.

    Le rêve n’a pas duré. C’est en qualité de cuisinières que nous avons été retenues. A Carnevali, il ne faut pas croire, ils mangent des pizzas aussi.

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