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Microcosmes

  • E.T. Téléphone Maset

    Une incursion dans la garrigue nîmoise. Doublée d’une plongée dans la science-fiction des années 70. La rencontre fortuite sur les rayons d’une bibliothèque de deux livres peu faits pour voisiner. Univers parallèles : régionalisme d’un côté, ufologie de l’autre..

    Au bon vieux temps des masets de Jean-Charles Lheureux (1988).

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    « Sous les tonnelles des masets [nous dit Lheureux] existait une manière de bonheur dans la simplicité qu’il nous est difficile aujourd’hui d’appréhender et, plus simplement, de concevoir ». Le maset, « minuscule enclos, le plus souvent entouré de murs de pierre sèche, avec une petite maison de style indéterminé… ou sans style ».

    Rencontre avec les extra-terrestres d’une certaine Rose C. (1979).

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    Pas vraiment le décor idéal pour une rencontre du troisième type. Et pourtant… C’est à la fin de cette « civilisation du maset » qui dura un peu plus d’un siècle que se situe l’aventure de Rose. En 1952 exactement. Son témoignage se lit comme un roman populaire. Le concours des préfaciers : Guy Tarade, Jimmy Guieu, écrivains chevronnés, incite à penser d’ailleurs que c’en est un.

    La jeune femme approchée par des extra-terrestres (des géants de 2 mètres 30 plutôt bons gars) a beau n’avoir que son certificat d’études, elle connait les lois du genre littéraire. Rien ne manque à son récit : grands chiens noirs, grosse clé, vieille poussière, solitude nocturne, étroits sentiers. Frisson, suspens, mystère. Ça se lit comme Alexandre Dumas. Au passage la belle, montée dans la garrigue pour quelques jours de vacances, croise les réalisations de son défunt grand-père. Un puits magnifique, « travail de titan ». Une tour, caractérisée par son enroulement hélicoïcal autour d’un cône.

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    « Accôtée à un bâtiment imitant un peu l’aqueduc du Pont-du-Gard, cette tour pointue était d’une grande originalité ». Dotée d’un escalier en colimaçon facilitant son crépissage périodique, elle se terminait par une flèche métallique (baptisée Excalibur par un voisin) « dont l’étonnante particularité était d’émettre certains jours une sorte de bruit bizarre et continu (…) ».

    Difficile de savoir si cette curieuse pièce d’architecture populaire existe encore. Une archive photographique illustrant le livre de Rose C. nous la montre dans son état des années 20. S’agirait-il d’un photomontage, l’image n’en serait pas moins interstiCielle.

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  • Luigi Buffo in situ et in suo tempore

    Une douzaine de photos de Luigi Buffo prises in situ à la fin des années 80.

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    Ce bonus est dédié à ceux qui auraient besoin d’un encouragement supplémentaire pour tourner leur esprit et leur GPS vers le pôle angélique du musée de Carla-Bayle.

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    Quand ces clichés ont été réalisés, on baignait encore dans l’argentique et même dans le noir et blanc.

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    En témoigne l’album dont notre consoeur Animula agrémenta son défunt blogue en 2005.

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    Lors de son petit reportage Ani ne put tirer le portrait de Luigi Buffo.

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    Celui-ci, encore vivant mais déjà malade, ne sortait plus de sa maison.

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    On se reportera donc avec intérêt aux photos de Jean-François Maurice montrant le créateur travaillant sur le motif.

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  • Le palazzo Marino

    On dit que c’est Le Minotaure, un tableau du peintre symboliste anglais George Frederic Watts, qui inspira à Jorge Luis Borges La Demeure d’Astérion, un texte qui figure dans L’Aleph.

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    A L’Immortel, autre conte métaphysique de ce troublant recueil, on pourrait associer ce Palazzo enciclopedico del mondo de Marino Auriti, tant cette babelienne maquette d’un musée imaginaire abritant toutes les connaissances humaines fait monter de notre mémoire cette citation : « Ce palais est l’œuvre des dieux » pensai-je d’abord. J’explorai les pièces inhabitées et corrigeai : « Les dieux qui l’édifièrent sont morts ». Je notais ses particularités et dis : « Les dieux qui l’édifièrent sont fous ».

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  • L’ermite au visage sale

    Champignons et manipulation. L’histoire est vieille comme l’information. Même dans les bois on croise de grosses barbes noires. C’est ce qui est arrivé en Toscane à deux cueilleurs-promeneurs. Ils sont tombés sur un drôle d’indien, un ermite au « visage sale » qui vivait là, selon ses dires, depuis 1997.

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    De nationalité espagnole, l’homme qui prétend être un médecin disparu depuis 1996 et déclaré mort en 2010 s’était organisé une petite vie de glanage agrémentée de visites dans les poubelles du coin. Un peu comme Chomo dans la forêt de Fontainebleau naguère. Un garde forestier et d’autres habitants aux alentours de la ville de Scarlino le croisaient de temps à autre mais Carlos (ce serait son nom) ne montrait aucun penchant à la conversation. Une telle discrétion a de quoi surprendre dans notre admirable civilisation dont les valeurs reposent sur un incessant bavardage.

    Mais ce qui est plus admirable encore c’est que Carlos, à peine « reconnu » ait décidé de s’enfuir à nouveau bien que sa famille soit accourue pour embrasser sa barbe. Parvenue à ce degré la misanthropie confine à un art dont on aimerait inventorier les traces tangibles. Carlos aurait balisé le chemin de son camp avec des bouteilles en plastiques et des vieilles boîtes. Aucune photo sur le net de celles-ci malheusement. Un visuel en revanche de son abri dans l’article posté par Francetv info le 10 novembre 2015.

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    L’ennui c’est que le cliché de cette cabane a été emprunté, au prix d’un zoomant recadrage à un article de la Repubblica (Firenze) d’août 2013 relatif à une famille d’Arezzo, dont les membres étaient sans travail.

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  • Bernard Javoy : l’art et la manière

    « Dans les champs, il faut travailler avec art, il faut faire avec goût, sinon l’asperge ça la contrarie ».

    Ainsi parlait Bernard Javoy quand on lui rendait visite, chez lui, dans sa maisonnette rurale de Cléry-Saint-André, petite ville du Loiret nichée dans les paroles du Carillon de Vendôme, cette vieille chanson française.

    Il nous offrait une salade. Il avait à cœur de se faire comprendre. Quelle meilleur argument que ce produit de son jardin ? Nous venions pour son art. Il le savait. Non pour son talent de paysan mais pour cet art de sculpteur rustique et tendre auquel il s’adonnait avec une tranquille passion depuis qu’en 1987, à l’âge de 62 ans, il avait mis un bémol à ses activités agricoles.

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    Nous attirait là ce peuple de figurines campagnardes, mêlées à leurs animaux familiers, à qui Bernard Javoy donnait naissance, sans avoir été « guidé par personne », dans le calme de son atelier installé dans une ancienne buanderie.

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    Un garde-chasse, le curé, des vieux sur leur banc, un trimardeur, des hommes en gros drap bleu, des femmes du même bois, les têtes enveloppées de foulards ou de coiffes en cloche.

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    Des couples. Des couples, raides et austères dans leurs habits noirs. A peine éclairés de cols blancs. Immobiles comme s’il posaient devant un photographe ambulant.

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    Des visages taillés à la serpe, silencieux mais expressifs. « Le genre d’autrefois » disait madame Javoy que les travaux de la terre avaient courbée jusqu’à la faire ressembler à l’un des personnages sortis des mains de son mari. Un autrefois où « les gens étaient versés sur le bétail ».

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    Les ânes au regard triste comme un poème de Francis Jammes. Les chevaux aux flancs lourds dont Bernard Javoy n’avait pas besoin de fignoler la forme pour qu’on en ressente l’efficacité symbolique.

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    « Le tracteur on l’a eu mais il tasse, c’est négatif avec les asperges » tandis que le cheval « il lève les jambes » et on le dirige à la parole, commentait-il pour justifier sa préférence pour « la manière traditionnelle ».

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    « J’ai pas abandonné tout ça, je suis resté dans le même monde, dans les mêmes idées » ajoutait Javoy pour expliquer son lien avec la nature prolongé par son travail artistique.

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    Une modestie innée, une prudence héréditaire vis à vis de son entourage le portait, quand il s’exprimait, à privilégier les aspects techniques. Sur la question des matériaux, il était volontiers bavard, n’épargnant à ses visiteurs aucun détail sur les mérites comparés du platane (« ça fend pas »), du peuplier (« c’est léger ») ou du tilleul (« on fait pas ce qu’on veut avec »).

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    Mais on sentait à la curiosité qui était la sienne quand il nous voyait choisir, dans le stock de pièces abritées dans un apppentis-show room, celle qu’il nous laisserait emporter en souvenir, combien Bernard Javoy était sensible à l’estime de son public occasionnel.

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    Son plaisir constituait alors, dans le confort surchauffé de sa cuisine aux dimensions de boîte d’allumettes, à finaliser l’opération en couronnant notre visite de joviales broderies verbales sur son originale façon d’être au monde.

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    Sur Le petit monde en bois de Bernard Javoy, l’ii recommande à ses lecteurs l’article de Nicole Verdun (Entrée des artistes) paru dans le n° 89 du Journal de la Sologne et de ses environs en juillet 1995.

     

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