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Poignées d'humour

  • To pee or not to pee

    Faut-il signer ? Faut-il pas ? Le problème de la signature empoisonne l’existence des artistes. Ceux qui signent un urinoir comme ceux dont l’œuvre se résume à leur signature.

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    Répond-t-on oui à la première question que celle des façons de procéder se pose. A l’huile, au crayon, à la plume, au goudron ? En bas, en haut, à l’envers, au milieu ? Tout est permis. Bien avant Jean Dubuffet, l’industrieux dix-neuvième siècle cherchait déjà du côté des vessies pour éclairer notre lanterne.

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    Dans Nuits à Paris, un livre de Rodolphe Darzens et Adolphe Willette (un gras et un maigre) paru en 1889, on trouve, à propos de la cellule de dégrisement (le violon), une note illustrée relative à une coutume décorative aujourd’hui tombée en désuétude : « On couche au violon, par exemple, pour avoir signé son nom sur l’asphalte des trottoirs, en … l’arrosant ».

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    Rien que pour ça, il faut remercier Viviane Hamy d’avoir, en 1994, réédité ce guide by night fin de siècle de deux noctambules pisseurs de copie.

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  • Tout un plat

    Dans la série : Les choses qu’on aimerait voir, évoquons aujourd’hui Le Pardon de Biroulic. Nos archives ont conservé trace de cet objet interstiCiel mentionné dans une brochure sur les faïences de Quimper consultée, il y a plus de vingt ans, dans une exposition du Musée départemental breton.

    Citons : « (…) sortis des fours de Locmaria, des assiettes et des plats à ne pas mettre entre toutes les mains. Ainsi Le Pardon de Biroulic représentant une sulfureuse procession d’organes sexuels masculins. Dessiné par un psychiatre quimpérois et produit sous le manteau après la fermeture des ateliers, ce plat produit à 8 exemplaires n’est pas signé bien qu’il semble établi qu’il sorte de chez Henriot ».

    Ceci pour lancer plusieurs bouteilles à la mer au cas ou quelqu’un sache qui est ce psychiatre ou qu’un de nos lecteurs puisse nous éclairer sur Biroulic. Et que -pourquoi pas ?- notre note fasse remonter l’image de ce coquin de plat à la surface.

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  • Allô Brigitte

    Il arrive que l’actualité rapproche des faits qui en eux-mêmes n’ont rien à voir mais dont la juxtaposition stimule toutefois les zygomatiques. Ces temps derniers, nous avons noté deux attitudes qui témoignent à leur manière d’un état d’esprit plutôt interstiCiel.

    Mentions spéciales de l’ii donc à Julien Coupat qui a pris son goûter pendant une audience du procès où il comparaît et au lycéen anonyme qui a crié « Brigitte, épouse-moi ! » lors de la visite de la Première Dadame au lycée Carnot de Dijon.

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    C’est un plaisir de saluer l’introduction de la barre chocolatée dans les tuyaux du processus judiciaire.

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    C’est une satisfaction de goûter à l’ironie piquante d’un jeune représentant de notre future élite dans une cérémonie médiatique de la capitale moutardière.

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    Dommage que Michèle (Alliot-Marie) n’ait pas été là pour voir le prévenu de « l’affaire de Tarnac » exercer ses droits à siroter pépère son maté.

    Brigitte était à Dijon par contre pour revendiquer les siens à dispenser des leçons de morale à une jeunesse trop facilement harcelante. Mais elle n’a rien entendu.

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  • Atours A Tours

    Retour à Tours. Les bistrots de cette ville stimulent l’imagination de nos partenaires.

    Sur ce thème, déjà évoqué dans notre note du 16 janvier 2016, nous est parvenu ce récit-souvenir de Michael Lecomte.

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    Pendant deux décennies il y eut dans la ville de Tours un repère de chiens célestes qui se réunissaient dans un modeste bistrot de la rue Gambetta appelé Le Petit Tonneau.

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  • Fous en 3 lignes

    Un inconnu peignait en ocre les murs du cimetière de Pantin

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    et Dujardin errait nu par Saint-Ouen.

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    Des fous, paraît-il.

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    Félix Fénéon, Nouvelles en trois lignes

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  • Socrate au sommet

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    Land art sans le vouloir. Ce profil de Socrate au nez camus en carte postale des années cinquante. Ready made naturel aidé, révélé par l’œil du photographe. Entre ciel et interstiCiel.

    Et comme le dit Louis Scutenaire :

    « Atteindre les sommets les use ».

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  • Le klounn de Moris

    De Maurice (l’île), des images nous arrivent avec du beau langage autour : « Mo pa konn lir, pa konn ékrir, pa konn servi télefonn touch, facebook tousala ».

    On aura compris même si on ne parle pas créole. L’heureux propriétaire de ces paroles, qui prouvent que le monde entier ne s’abandonne pas encore à la boulimie de la connexion électronique, est un marchand de légumes du village d’Olivia.

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    Ras Kucha c’est son nom ou plutôt son surnom. Monsieur Herold Leonor (son véritable patronyme) abrite un joli talent artistique sous des habits de klounn. Son père Harold n’aimait pas trop ça de le voir faire l’auguste.

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    Après la disparition de celui-ci, Ras Kucha n’en a pas moins continué son cirque, lui donnant une extension particulière où son sens aigu du bricolage et son goût des costumes colorés s’est donné libre cours.

    « Je m’intéresse surtout à ce qui se perd » dit fort justement ce sage de 41 ans qui bouillonne de vitalité ludique. Amoureux des jouets, il en décore sa bicyclette carénée comme une barque flottant sur le destin.

    Si quelqu’un de nos lecteurs pratique le mauricien couramment, nous aimerions qu’il nous traduise cette phrase où Ras Kucha éclaire la signification de son pseudonyme : Kucha signifie « métèr chula » et puis « kucha a coz bien longtemps mo ti p faire ek vane kucha ».

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  • Voisin, Voisine

    Connards ! Vous n’êtes pas seuls au monde.

    C’est ce qu’on a envie de crier dans sa cour maintenant que les bricolos du samedi  sont de retour. Mais pourquoi hurler ? De toutes façons avec le bruit de la perceuse personne n’entend. Mieux vaut écrire. De sa belle plume ou à grand renfort d’imprimante : Chers voisins. c’est le titre d’un petit bouquin paru chez J’ai Lu en 2013. Son sous-titre dit bien ce qu’il veut dire : Mots doux et petites querelles de voisinage.

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    Il recueille un tas de ces petits messages goguenards, plaintifs, agressifs ou prometteurs qui agrémentent la vie de nos parties communes dans les immeubles de nos villes.

    « Merci à la personne de bien vouloir cesser de dessiner des bites sur le mur ».

    « Si tu continues à prendre cet (sic) cage d’escalier pour un libre service , je vais te mettre l’anus comme une pièce de 5 francs ».

    « Je suis désolée et c’est embarassant (sic) mais ma culotte est tombée sur ta rembarde (sic) ! ».

    « Il y en a mard (sic) du bordelle (sic) toute la nuit !!! ».

    « Prière de ne pas jeter vos animaux par les balcons ».

    « Je suis très heureuse de l’épanouissement de votre vie sexuelle. Mais ma patience a des limites ».

    On en passe et des meilleures. les auteurs de cet hilarant ouvrage : Aurélie C. & Olivier V. (9ème étage gauche) ont eu la bonne idée de reproduire tels quels ces documents éphémères.

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    Dans leur jus, ils témoignent de cette expression spontanée et épidermique qui – mieux que les bombages encodés dans la norme du street art – est l’œuvre de l’affect le plus individuel et le plus immédiat.

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