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Peintures fraîches

  • Pastor encore

    A ces confins de l’être et des choses vers quoi l’on verse à l’approche du sommeil, du réveil, de la naissance ou de la mort, un peintre dans l’ombre s’est consacré et c’est Gilbert Pastor.

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    Pastor encore. Bien que disparu en 2015 à 83 ans. Mais disparaître est-ce que ça compte quand on travaille comme lui le silence ? Quand on s’immisce comme lui dans ce no man’s land situé entre lumière et ténèbres ?

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    On avait pris l’habitude de croiser Gilbert Pastor (sinon lui, son œuvre) à Paris où la Galerie Béatrice Soulié lui a consacré récemment plusieurs de ses expositions. Figurait toujours là L’Œuf sauvage, la revue de Claude Roffat qui n’avait pas craint –en mars 1992 déjà– de consacrer la couverture de son numéro 3 à une « apparition » sans titre du peintre d’Aups.

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    Pastor revient ou son fantôme (mais un fantôme pétri de la chair de nos rêves) à la Polysémie, galerie marseillaise, à partir du 3 novembre –jour du vernissage– au 17 décembre 2016.

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    invit lutrin.jpgGilbert Pastor qui, dès 1977, montra son travail à Lyon au Lutrin de Paul Gauzit, renoue ici avec sa Provence qu’il faut s’imaginer à rebours des clichés touristiques.

    Une Provence noire où l’on se protège des soleils tartarinesques et du mistral toujours gagnant par des ruelles, des volets clos, des escaliers étroits, des volumes confinés, des poussières.

    Une Provence ouverte à la rumeur du monde cependant puisque Gilbert Pastor entra dès 1948 dans la peinture par le truchement de Boris Bojnev, un poète russe qu’il considérait comme son père spirituel. 

    bojnev 2.jpgRévélé par Alphonse Chave dans sa galerie vençoise au début des années soixante, Bojnev reste fameux pour ses œuvres touchantes et originales, où il assemblait petites toiles naïves anonymes et encadrements insolites faits de textiles peints, d’éclats de bois et d’éléments végétaux.

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    A ces « auras », Pastor d’abord contribua. Avant d’inventer sa voie qui, pour prendre elle aussi naissance dans l’autodidactisme, n’allait pas moins le mener vers toujours plus d’intériorité.

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    On se fera une idée de son parcours intime en consultant le dossier de presse de la Galerie Polysémie.

    couv presse.jpgA plusieurs livres, Pastor donna des illustrations. Par exemple ce rare dessin original qu’il réalisa pour le tirage de luxe d’un texte de Bernard Noël (Les Plumes d’Éros) paru en 1993 chez Les Autodidactes.

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    Son absence de concession nous paraît coller à ce passage d’un article (signé M.H.) de la Gazette de l’Hôtel Drouot paru en 1995 : «Le sfumato qui les [les œuvres de Pastor] enveloppe n’est pas là pour camoufler quelque inaptitude que ce soit mais, bien au contraire, pour voiler la maîtrise technique. L’artiste reste constamment en deçà de ses moyens. Tout est ici réserve et pudeur. Dans ses toiles aux couleurs délibérement étouffées, tout comme dans ses grands dessins mystérieux qu’irise parfois un soupçon de couleur, Pastor reste en retrait, rejetant toute exhibition de son talent. Chacune de ses œuvres est un appel muet».

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  • Pierre Della Giustina : une exposition-jalon

    Une exposition Pierre Della Giustina ça se mérite. Tant pis si c’est le marché et la Feria du Riz.

    IMG_0879.jpgOn trouve toujours une place pour se garer dans Arles puis arpenter un dédale de rues ponctuées de clins d’œil graphiques.

    Et si « la douceur des choses » est un peu chauffée à blanc par la canicule, on parvient quand même place de la République.

     

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    A l’ogivale Chapelle Sainte-Anne (vis-à-vis Saint-Trophime) qui abrite jusqu’au samedi 8 octobre 2016 d’impressionnants Sculptures/Gravures/Bas-reliefs de cet artiste exigeant qui mène, depuis un certain temps déjà, une lutte pleine de risques et de conquêtes avec la matière, avec l’espace, avec les couleurs et la lumière.

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    Pierre ne sort pas toujours victorieux de cette confrontation avec son « work in progress ». Elle le conduit à expérimenter sans cesse, en remettant sur le métier des œuvres qu’il modifie, transmue, décompose et recompose au sein de l’atelier de son Auvergne natale.

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    Cette façon démiurgique de pétrir sa création a quelque chose d’héroïque qui finit paradoxalement à mettre celle-ci en péril. Mais n’en est-il pas de même pour tout véritable artiste ? C’est-à-dire pour tous ceux qui s’adonnent à l’art avec le souci primordial de ses enjeux. Pierre Della Giustina a choisi un chemin difficile mais qui a ses moments de gloire (un mot qu’il n’aimerait pas).

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    Cette exposition en est un. Pierre aime les défis. Les amateurs, les collectionneurs qui suivent fidèlement son parcours très personnel le savent bien. Della-comme ils disent- n’est pas du genre à rechigner devant la tâche.

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    A fortiori si celle-ci nécessite la résolution de problèmes techniques comme c’est ici le cas avec suspension de gigantesques assemblages presque abstraits.

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    Amaigri par le travail, ému et joyeux, Pierre Della Giustina a su s’inscrire dans cet ancien musée lapidaire, « un lieu impressionnant » dont il redoutait, à juste titre qu’il puisse « devenir écrasant ».

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    L’ovation qui lui fut réservée pendant le vernissage ne partait pas seulement de ses amis, des officiels et des organisateurs de l’association Originart, promoteurs de cette exposition-jalon, tout à la fois rétrospective et ouverte sur des voies nouvelles où la peinture et la sculpture cessent d’être perçues contradictoirement. Où l’une mène à l’autre et réciproquement comme le mouvement d’un métronome.

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    Cette manifestation d’admiration mêlée d’affection venait du cœur du public, nombreux ce samedi radieux. « Travailler sur le vide, créer de la légèreté et de la dynamique »… le plasticien, très conscient de son rôle, n’en finissait pas d’expliquer à tous ceux qui lui posaient des questions. Trop de questions peut-être mais on ne saurait bouder son plaisir. L’Homme qui marche, la grande statue, point d’orgue de l’absidiole, mettait son grain de sel en dialoguant avec le soleil tombé de la verrière.

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    On aimerait avoir un palais -ou du moins un haut  plafond- pour s’offrir un groupe de Della qui présente aussi des gravures.

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    La manière dont il renouvelle le thème -trop traité (ou maltraité)- de la tauromachie a sans conteste de quoi attirer et intriguer les aficions.

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    Dans les limites de cette note, il est exclu de s’attarder sur chacune des œuvres présentées à la Chapelle Sainte-Anne. Si nous avons privilégié les détails, c’est que nous ne saurions déflorer en quoi que ce soit une exposition incontournable. Les amateurs ont d’ailleurs presque un mois (attention ça passe vite !) pour la découvrir.

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  • Tchad en 24 dessins

    Ils s’appellent Abba Kabir, Mohamed Bessallah, Ab-del-Kader. Personne à leur sujet ne se pose la question : que sont-ils devenus ? Ils avaient entre 7 et 14 ans dans les années vingt du vingtième siècle. Au moment où leurs dessins furent recueillis par Denise Moran qui les publia dans Tchad, un livre ethno-biographique paru chez Gallimard en 1934. Et bien oublié depuis.

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    La plupart y sont désignés par un simple prénom : Zacharia, Doungouss, Yalinga, Hadoum, Hamidé, Bourma. Quelques adultes aussi parmi eux. Choisis parce que débutants : Mohamed Damba (20 ans), Malloum Mohamed (30 ans), Mohamed Faki (20 ans) qui « n’avait jamais dessiné ».

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    Où êtes-vous, artistes sans le savoir, créateurs sans peine, innocents magiciens de la forme ? N’était votre absence de notoriété, le bon grain de vos noms ne mériterait-il pas de s’intégrer dans un chapelet où Vassily Kandinski, Paul Klee, Gaston Chaissac, Jean Dubuffet se comptent déjà ?

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    Perles sauvages, perles cultivées en liberté. Les premières se distinguant par leur rareté. Les secondes par leur superbe indifférence au calibrage de la pensée.

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    Il est significatif que cette suite de 24 dessins à l’état natif ait été insérée dans un livre qui contient des vérités sans détour. « Coloniser est insoluble et criminel » (page 233) ne craint pas d’affirmer Denise Moran qui accompagna Edmond Savineau, son époux, en Afrique où il était administrateur.

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    Fondatrice de plusieurs écoles, sa connaissance du terrain ne se borne pas à des rapports scientifiques. Elle témoigne avec une lucidité indépendante du quotidien révélateur des rapports sociaux et mentaux entre Noirs et Blancs.

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    De l’incompétence, de la bêtise, de l’alcoolisme et de la brutalité des colons surtout. Mais aussi des moyens plus ou moins bons (quoique puisés dans leur langage, leur religion ou leur culture) que les Africains se voient contraints de leur opposer.

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    C’est par le constat de ce quiproquo tragique, de cet écart constitutif, que le livre de Denise Moran mérite dans nos bibliothèques de trouver sa place près de L’Afrique fantôme de Michel Leiris.

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    C’est aussi pour cela qu’il mériterait d’être réédité.

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  • Goujounart’s coffee-table book

    A peine la fine équipe interstiCielle venait-elle de poster la note précédente que le petit livre rose qui accompagne l’exposition de Goujounac nous arrivait, brandi par la factrice qui se la jouait Liberté éclairant le monde.

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    52 pages. Presque un carré. Hermès pourrait s’en inspirer. Mouly en foulard, j’en connais qui seraient preneuses ! Légère avec ça cette publication ! Y’avait de quoi en faire des tonnes, la maquette de KSO (Kathrine Storm-Olsen) fait tout passer avec sourire, aisance et goût de revenez-y adaptés au sujet. Et pourtant la matière est là. Beaucoup d’écrits mais jamais présentés de manière bourrative.

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    Ce Goujounart’s book peut bien se donner les gants de présenter (à côté de nouveautés) un véritable échantillonnage de témoignages qui défilèrent entre 1992 et 2000 dans diverses revues, ça se parcourt d’un œil curieux et survoleur. Celui-ci est servi par le rythme vitaminé de la mise en page, les jeux typo-chromatiques de la titraille, la dissémination ludique des images où alternent couleurs et noir et blanc, cadrages et détourages, vignettes et hors-texte.

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    Et quand le contenu se fait répétitif (c’est l’inconvénient dans ce genre d’entreprise rédactionnelle collective), la forme emporte tout. Dans l’ensemble, c’est fun. Jamais mortel. En tout cas à bonne distance de cette érudition rasoir, de ce parisianisme bobo pour manitou de l’art populo-brut (façon cosmétique anarcho-surr) auxquels les créateurs provinciaux du genre de Gaston Mouly peuvent être exposés.

    img184.jpgAutour de Gaston Mouly-le livre a bénéficié du soutien de la famille du sculpteur. Ginette Costes, cheville ouvrière de l’asso organisatrice de l’expo, est aussi en tête du comité de rédac. Le pool de plumes qui a pondu les textes est trop fourni pour que j’en cite les membres. Je risquerais d’en oublier un.

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    Je préfère attirer l’attention sur Philippe Soubils, le photographe dont trois beaux clichés anciens pris dans l’atelier de Gaston Mouly méritent carrément le détour par cet ouvrage à vocation de collector.

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  • Goujounac célèbre Gaston Mouly

    Pour être prophète en son pays il n’est jamais trop tard. C’est ce qui arrive à Gaston Mouly (1922-1997) dont Goujounac, son village natal, s’apprête à célébrer l’œuvre et la mémoire. Nombreux sont ceux ici, à Bordeaux ou à Paris, qui se souviennent de cette personnalité d’exception, sculpteur et dessinateur sans avoir appris. Mais le temps a passé depuis la disparition brutale de Mouly. Il est bon que ses concitoyens s’instituent les passeurs de son message artistique pour les jeunes générations.

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    Autodidacte dans son cas ne signifiait pas sans savoirs ou dépourvu de techniques. Gaston possédait les bases solides d’un entrepreneur de maçonnerie habile qui parcourait le pays, fier de montrer à ses amis les bâtiments qu’il avait construit. Simplement quand il décida en fin de carrière de laisser libre cours à un désir d’art qui l’habitait depuis sa jeunesse, il transposa son métier et ses méthodes dans les médaillons (plus tard les sujets en ronde-bosse) modelés et patinés grâce à sa science du ciment et des pigments.

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    Un peu plus tard, donnant essor à des qualités inhérentes à ses croquis préparatoires, il fut amené à multiplier les dessins sinueux, si lisses et si étranges, qui sont la marque de son talent.

    Le carton d’invitation au vernissage (4 juin 2016 à 17h) de l’exposition Autour de Gaston Mouly reproduit un détail de l’un d’eux. Il illustre les antipodes entre lesquelles il tendait.

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    On peut y lire une petite scène champêtre et festive servie par des couleurs gaies. On peut s’y alarmer aussi de ces crêtes pointues comme des dards en couvre-chefs de personnages plastiquement désarticulés. Mouly quant à lui passa les quinze dernières années de sa vie (les plus créatives) dans un funambulisme entre deux univers sociaux.

    mouly en pied.jpg Celui de sa région du Lot où, connu de tous, il était comme un poisson dans l’eau et celui des grandes villes où il cherchait à se faire connaître. Amoureux de la vitesse et des automobiles, la route finit par l’emporter. Mais il eut tout loisir de se mêler à ce qu’il s’imaginait être une vie d’artiste, goûtant avec gourmandise aux rites des galeries, des amateurs d’art et des intellectuels épris de marginalité. Sans s’inquiéter d’en rester au stade étroit de ce qu’on nommait à la fin du XXe siècle, la singularité.

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    Décalé, interstiCiel mais maître de son cap. Imperméable aux critiques. Il aimait donner les noix de ses arbres qui noircissaient ses doigts, le soleil de son Quercy en bouteilles de Cahors mais était peu soucieux de recevoir : un dessin de Chomo le laissa indifférent. Centré comme il était sur lui-même, sa capacité à résister à l’intimidation était admirable. Peut-être devait-il ça aux professionnels de l’art qu’il avait fréquenté. Une photo des années 80, extraite de la revue Gazogène dont Jean-François Maurice (auquel il est associé pour l’occasion) était l’animateur, est significative à cet égard. On y voit Mouly donner la main à Michel Zachariou pour l’installation d’une œuvre de plusieurs tonnes.

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    Selon M.Z., c’est ce jour là que Gaston Mouly improvisa la première exposition de ses œuvres personnelles. Sans complexe. En compagnon qui ne craint pas de s’afficher avec ses pairs. C’est que Mouly, dans ses activités de maçon, avait eu la chance de fréquenter Roger Bissière. Et que Bissière avait tout pour ne pas gâcher une vocation.

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  • Le secret des soucoupes

    Les deux lettres martiennes du narrateur E.T. imaginé par Sophie Roussel dans les précédents posts de l’ii appellent quelques éclaircissements. Par sa façon d’inverser les points de vue, Sophie souligne la familiarité entre l’univers de l’étrange et celui, rural et banal, d’une petite communauté américaine d’un proche autrefois. C’est naturellement aux poétiques images d’Esther Pearl Watson qui ont servi de stimulant à sa fiction qu’elle le doit.

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    Comme dans Upside Down, le film de Juan Solanas où deux réalités symétriques se superposent, la peinture d’Esther Pearl Watson organise la rencontre de deux mondes qui ne sont pas fait à priori pour coexister, celui d’un intimisme bucolique, celui d’un âge d’or de la science-fiction.

     

     Rencontre ou retrouvailles car Esther Pearl, qui a grandi au Texas, a réellement vécu, du fait de son éducation baignée dans l’utopie paternelle, dans les interstices du rêve éveillé et de la réalité quotidienne. Cette position instable avait de quoi la mener au déséquilibre. Son étoile a voulu qu’elle la conduise à l’art par le biais d’une affinité à maints égards involontaire avec l’œuvre de Grandma Moses.

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    Le charme des tableaux d’E.P.W., empreint de la nostalgie des temps pré-Internet, ne procède cependant pas du pastiche. Ni de l’ufologie vulgaire. Ils n’ont pas cette naïveté. Même s’ils semblent s’apparenter aux ex-voto par les légendes qui y sont inscrites.

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    Esther Pearl qui, comme beaucoup de fillettes américaines rédigea très tôt son journal, se fait, dans ces courts textes intégrés à des figurations, le témoin un peu perplexe des expériences follement scientifiques de son père.

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    Elle comprit plus tard quand elle put donner un sens à sa vocation que Gene Watson, son père, qui avait consacré sa vie d’ingénieur aéronautique spontané à construire de chimériques soucoupes volantes qu’il rêvait de vendre à l’état, était lui-même un artiste sans le savoir.

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    Ce qui place sa fille dans une position charnière originale, entre un art brut congénital et un caractère d’outsider acquis qui l’a menée à l’expression diariste dessinée et à un professionnalisme contemporain assumé parce que soclé sur un roman familial riche de contenu.

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  • Les lettres E.Texanes-suite

    To : Us-bek (ThxC-734)

    From : Rica (Rswp-256)

    Subject : une transmission dans la langue indigène(2)

     

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    Sinon, je me suis faite aux coutumes familiales. La recherche éperdue de pièces détachées toutes aussi {incongrues} les unes que les autres ou encore les opérations secrètes où l’on fait des repérages aux alentours de la maison.

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    Mais ce qui me fascine le plus, ce sont les missions de reconnaissance. Il s’agit d’aller, à la nuit tombée, inspecter vaches et taureaux, avec la plus belle chose que nous ayons à disposition ici : une lampe de poche.

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    Quel objet sensationnel ! Je tâcherai de t’en rapporter une pour que tu voies la merveille. Rien de plus attrayant pour moi que ce faisceau qui éclaire une seule partie des choses, celle que l’on choisit.

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    Ici, les habitants semblent avoir survécu à plusieurs cataclysmes qui portent les mêmes prénoms qu’eux. Ils n’ont aucun doute quant à la fin prochaine de leur monde.

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    Aussi cette petite famille s’acharne t-elle à préparer sa soucoupe volante pour le grand départ. Je les aide du mieux que je peux, sans dévoiler notre technologie. Ce qui me surprend beaucoup c’est que si je leur révélais qu’aucune galaxie - en l’état actuel de leurs connaissances - ne pourrait les accueillir, je pense qu’ils ne changeraient rien à leur comportement.

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    J’en viens au terme de mon observation. C’est comme si les humains étaient infra-lucides. Ce qu’ils savent de plus juste est enfoui au fond d’eux-mêmes. Il n’y a pas de {corollaire}, ni décision rationnelle et le même processus se poursuit toujours, {auréolé} d’une chose très singulière qui se nomme l’espérance. Ce sentiment nous est tout à fait étranger, ce qui explique que je sois complètement passée à côté. Cet espoir, je l’ai d’abord pris pour de la bêtise.

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    Te rends-tu compte que les noms de nos vénérables planètes figurent sur leurs barils de lessive ? A ce détail et à bien d’autres, je pense cette espèce n’a pas tort d’envisager pour elle le pire des {destins}. Je pense que les humains qui veulent survivre devraient aller habiter dans les caravanes qu’ils possèdent au fond de leur jardin.

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    Certains individus – à mon avis d’une intelligence supérieure – ont déjà pris place dans ces unités d’habitation réduite. Ils auront ainsi une infime chance de réchapper à la {catastrophe} qui me paraît inéluctable.

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    Une formule de chez eux pour finir :logo sophie.jpg

    Bien à toi

    R

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  • Les lettres E.Texanes

    To : Us-bek (ThxC-734)

    From : Rica (Rswp-256)

    Subject : une transmission dans la langue indigène

     

    Cher U,

    Je ne t’ai pas écrit aussitôt car j’ai rencontré quelques difficultés d’adaptation dans ce pays de {cocagne} où les adultes sont des enfants comme les autres. Seule leur dimension diffère ce qui permet heureusement de les distinguer.

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    En apparence, cette population n’est pas très évoluée. Elle a l’aspect d’une fourmilière mais avec une dynamique de dispersion sans aucune logique.

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    Débarquée dans cette petite ville (Texas) en pleine nuit, j’ai été aussitôt aveuglée par le scintillement des astres. Un {gruyère} de nuit morcelé d’étoiles trop rapprochées, comme si j’étais sous cloche. Avec la réverbération, j’ai eu l’impression d’avoir rétréci à la taille d’une figurine‑jouet. Étrange ciel dans lequel règne en permanence un vaisseau en forme de coquillage d’une couleur que je ne connaissais pas.

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    Après consultation du nuancier, il s’agit d’un rose pulp. Tu devrais voir ça, c’est étonnant ! Tous ici l’appellent soucoupe volante. Moi, cela m’évoque plutôt un de leurs organes génitaux cachés. Tu penses bien que cet aspect des choses leur passe au-dessus de la tête.

    Jusqu’ici, je n’avais pu me mêler vraiment à ces groupuscules que l’on qualifie de familles. Tu seras amusé d’apprendre comment j’y suis parvenue.

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    Un matin j’ai trouvé sur le bord de la route deux jambes d’homme dépassant d’un véhicule à l’arrêt dont s’échappait de la fumée. Intriguée, je me suis approchée. Au début, je n’ai pas eu l’impression d’être utile car l’homme s’est montré contrarié que j’ai pu réparer sa voiture à la vitesse {de l’éclair}.

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    Ce n’était pas très prudent, mais je n’ai pu résister : un jeu d’enfant comme ils disent ici quand c’est facile. Visiblement, l’homme était très déçu. J’ai cru comprendre qu’il espérait profiter de cette panne pour récupérer des pièces détachées de première importance. Il était très agité et parlait sans arrêt mais il m’a quand même ramenée dans sa famille en disant que j’avais des pouvoirs surnaturels.

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    Et là, surprise ! Dans le jardin, une autre de ces soucoupes volantes. Ces gens prétendent que c’est pour préparer leur futur, sauver leur avenir. Ils se sentent protégés car il n’est pas donné à tout le monde de capturer un engin pareil, de le maintenir au sol et le {domestiquer}.

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    Ils m’ont raconté qu’une fois, ils ont eu un vaisseau-mère mais qu’il s’est échappé ce qui expliquerait pourquoi cette soucoupe est l’objet de toute leur attention. Moi, elle ne m’inspire pas confiance. Parfois, on la tracte en ville avec le {pick-up} pour montrer qu’on en possède une. C’est l’attraction du jour, les enfants courent derrière avec enthousiasme.

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  • Les bleus de Martin-Roch

    Jean Martin-Roch et Pierredon. Qu’il y ait encore au bout des chemins, des lieux tels pour de tels artistes laisse rêveur. Des lieux d’au delà du langage, refuges d’une peinture silencieuse comme cette Provence de transhumance, rescapée des incendies.

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    Quarante ans durant, de 1951 à 1991, dans un quadrilatère sauvage situé dans les Alpilles, le peintre Martin-Roch (1905-1991) travailla à son œuvre et à la rénovation d’une abbaye qui abrita son atelier.

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    On y accède encore par une longue piste caillouteuse dissimulée de la route qui va de Maussane à Eygalières. Sans savoir où l’on va. Sans autres témoignages de civilisation que ces oliviers qui moutonnent, que ces vignes dont les lignes courent sur la terre.

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    Au bout du bout un arbre rouge, sculpture de Miguel Chevalier : fanal posé par les actuels occupants de cet endroit dont ils respectent la poésie.

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    Il signale la vénérable allée qui mène à l’ancienne Thébaïde de Jean Martin-Roch dont on aperçoit très tard les toits.

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    Le bleu des paysages de Martin-Roch –un bleu qu’on pourrait croire irréel s’il ne saturait l’air– nous a amenés là.

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    Charles-Albert Cingria qui a connu le peintre dans sa jeunesse se souvient des cravates d’un « blanc de fine neige » dont le peintre ornait ses chemises…bleues.

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    Ce détail est emprunté au catalogue de l’exposition Jean Martin-Roch, les chemins du silence au Musée Estrine de Saint-Rémy de Provence qui, à la fin de 2014, remit très judicieusement en lumière l’œuvre de cet artiste méditatif et confidentiel, tranquillement à l’écart de toute influence avant-gardiste ou mondaine.

    jean martin roch.jpgMartin-Roch pour travailler affectionnait les blouses gothiques. Lydia Harambourg (La Gazette Drouot du 7 novembre 2014) remarque à juste titre que « sa peinture atemporelle, se réfère à Giotto et à Fouquet (…) ».

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    A Piero Della Francesca pourrait-on ajouter si celui-ci était contemporain de Giorgio de Chirico. Isolées dans une campagne lunaire hérissée de troncs tordus, les demeures de Martin-Roch ont cette densité du vide obtenue avec d’autres moyens par Georges Malkine.

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    Mais c’est assez pointer ce qu’il est convenu d’appeler la peinture métaphysique. Martin-Roch expérimente d’autres dimensions du secret, explore d’autres frontières de l’indicible.

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    Nul syncrétisme ne rendrait compte de son captivant pouvoir de retrait, de son lâcher prise, de son indifférence philosophique aux sirènes contemporaines.

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    De sa peinture, Jean Martin-Roch parlait peu.

    Il « n’aime guère que d’autres en parlent, même en bien » souligne Paul Barnaud.

    « Sa nature l’a gardé à l’écart des milieux artistiques » (Claude Tollari-Martin).

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    Même si de nombreux visiteurs empruntaient le chemin de Pierredon pour le rencontrer, il ne vendait ses tableaux qu’à un petit cercle d’amis et d’amateurs éclairés dont il avait pu tester la compréhension.

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  • Carolina Matriochka

    Interstices sur interstices. Quoi de plus interstitiel qu’une poupée russe ?

    Caroline Sury qui expose en ce moment à Paris nous en fait parvenir plusieurs.

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    L’ii ne lui déplaît pas.

    Elle « s’y glisserait à l’occasion ».

    C’est chose faite.

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  • Roger Lorance de la teinture à la peinture

    Villeneuve-les-Avignon on n’y va pas tous les jours. La dernière fois c’était il y a 8 ans. La rue de la République a changé. Des boulets noirs ont poussé pour dissuader le stationnement. Ça fait grande ville là où c’était bon enfant. On ne s’arrête plus devant chez Roger Lorance. Sa teinturerie est toujours là mais elle a été transformée en restaurant flambant neuf. Dans cette boutique au bois dormant, le peintre-poète était resté depuis la fin de ses activités en 1969.

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    Son atelier s’était superposé aux derniers vêtements que plus personne ne viendrait chercher.

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    Aux murs les vestiges d’anciens panonceaux commerciaux côtoyaient des poèmes manuscrits qui traitaient de la Schizophrénie ou de la Divinité.

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    La peur, la révolte ontologique en alexandrins. « Dieu, s’il existait serait très mauvais ». L’auteur, vieil homme voûté mais œil alerte, avait connu des moments difficiles.

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    Il ne s’en cachait pas, derrière sa barbe qui le fait ressembler à Francis Jammes. Ne devait-il pas au photographe Clovis Prévost notre visite inopinée ? C’était suffisant pour raconter.

    portrait R Lorance n&b.jpgUne addiction sévère entre 30 ans et 40 ans. Les affres d’une désintoxication. Les enfants cancéreux le bouleversaient. Le paroxysme de l’anxiété, il savait ce que c’était.

    Un psy lui avait dit : « si vous avez déliré c’était à froid ». Il n’en commentait pas moins l’une de ses œuvres : « une espèce d’hallucination, quelque chose comme un tableau de fou ».

     

     

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    A 29 ans, il s’était mis à la peinture. « Attaque directement le tableau » lui avait dit celui qui lui avait « appris », le peintre troglodyte Joseph Thoret dont il partage l’attrait pour les monstres qui exorcisent les pensées obsédantes.

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    La Tristesse du diable était venu sous ses doigts en août 1954. Envolé depuis comme l’un de ses premiers tableaux qui représentait « la bombe atomique tombant dans un volcan, les quatre races autour ». Trois mois de travail. A la craie d’abord (il n’aime pas dessiner). Puis : « je fais tomber la craie, personnage par personnage ». Cocktail de couleurs. Feu d’artifice.

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    « On peut dire que je suis un coloriste » dit Lorance. « Mon père était coloriste en teinturerie, j’ai eu l’idée de la couleur avec lui ». Son goût du symbolisme littéraire, son onirisme qui n’est pas de surface entraînent sa parole sur des voies moins limpides.

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    Suivre les explications où il aime se plonger en face des tableaux qu’il vous montre provoque une étrange impression de torsion intellectuelle.

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    Jérôme Bosch pour Roger Lorance est une influence reconnue. Mais il aime aussi Auguste Renoir ce qui a le don de nous interloquer. Sa devise : « subir pour triompher » laisse à penser qu’il ne peut vaincre qu’en obéissant à ce qui le travaille.

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    On reste songeur à l’idée qu’il ait pu exposer au milieu des sages paysagistes provençaux, lui si familier du chaos créateur.  Mais des circonvolutions discursives où seul il se retrouve, il sait retomber sur des phrases dont la simplicité stupéfie : « je ne vis pas dans ce siècle, je vis avec les châteaux de la Loire ».

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  • Jósef Czapski

    Le tableau qui, dans notre précédente note, a servi de point de départ à la rêverie de Sophie Roussel a pour titre : L’Escorial. Il est de Jósef Czapski.

    autoportrait.jpgCe peintre polonais issu d’une famille d’aristocrates liée au pouvoir tsariste occupe une place à part dans l’histoire de la peinture moderne. La première moitié de sa longue vie (1896-1993) fut bouleversée par les événements tragiques liés aux deux guerres mondiales et au sort infligé à la Pologne par l’U.R.S.S. de Staline. Capturé par l’Armée rouge en 1939, il est un des rares officiers polonais à avoir échappé aux massacres de Katyn. Après la formation d’une armée polonaise suite à l’invasion nazie en Russie, Czapski combattit à Monte-Cassino. Après la guerre il retrouva Paris où il avait vécu entre 1924 et 1933.

    Ce n’est que progressivement qu’il renoua avec ses activités picturales inaugurées avant la guerre où il fit partie du mouvement kapiste influencé par Cézanne. Bonnard, Vuillard, Soutine et plus tard Nicolas De Staël nourrirent jusqu’à la fin sa peinture qui se caractérise par la construction d’ambiances un peu étranges où flotte un discret mais authentique parfum d’inachèvement volontaire ou spontané.

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    Ce que la philosophe genevoise Jeanne Hersch exprime autrement et sans doute mieux :

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    couv obscur.jpg « Partout où il se trouvait, dans les cafés, les gares, le métro, il faisait des croquis, et d’après ces croquis, il a peint ses toiles. Elles sont très profondément recomposées, souvent caricaturales, fortement stylisées, avec des cadrages surprenants et une délectation parfois subtile, parfois violente, de la couleur. Elles sont vraiment le produit de l’esprit et je leur trouve parfois toutes les vertus d’une toile abstraite, avec l’humanité en plus » Jeanne Hersch, Éclairer l’obscur, Entretien avec Gabrielle et Alfred Dufour, 1986.

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     « Le patron du surréalisme Marcel Duchamp distingue la peinture de la rétine et celle du cortex cérébral. Je n’ai jamais considéré cette définition soit-disant géniale autrement que comme un paradoxe plutôt plat, parce que je ne peux pas admettre une peinture sans la participation à la fois de l’œil et de l’écorce cérébrale. Un tableau dont nous pouvons apprécier la valeur sans tenir compte de la réaction de notre rétine peut être un jeu d’intellect plus ou moins brillant, un amusement, mais ce n’est pas de la peinture ».

    Jozef Czapski, Kultura, novembre 1959 - Traduit par Thérèse Douchy

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