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  • Marcio : un sage à la plage

    Brésilien. Le roi du château de sable est brésilien. Il s’appelle Marcio. Marcio Mizael Matolias et il œuvre sur la plage à Rio de Janeiro. Une construction belle comme un camion et haute de même.

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    Photo AFP

    Des performances de cette sorte sont remarquables mais pas si rares. On en a soupé des concours de plage et du perfectionnisme de sable monté en graine. Mais là c’est différent. Parce que Marcio vit dans son château. Il s’y est aménagé une chambrette-bibliothèque, lui qui aime à promouvoir la lecture.

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    Photo AFP

    InterstiCielle architecture éphémère s’il en est ! D’autant plus éphémère que la vague touristique vient naturellement lécher son rivage jusqu’à mettre en question son « work in progress » toujours renouvelé.

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    La nouvelle de son existence nous parvient d’ailleurs au gré d’un processus de médiatisation qui bientôt aura raison de cet espace de vraie liberté.

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    Photo AFP

    Heureusement Marcio a de la ressource. Il est conscient que cette marée de popularité finira par l’atteindre. Il songe à rebondir, caresse son chien, projette de monter un atelier où s’adonner à d’autres formes d’art. C’est un sage.

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  • Crayonnures pastorales

    Un aérolithe interstiCiel est tombé dans le jardin de fleurs sauvages de l’ii. En provenance d’un blogue qui plane au dessus de nos mêlées. Sylvie Durbec, l’âme discrète et nomade de ce site, souffre - au regard du monde d’aujourd’hui - d’un handicap. Elle ne s’exprime que sur le mode de la plus limpide poésie.

    Une promenade dans la nature (on n’ose plus dire la campagne), la rencontre toute simple d’un chasseur, sont converties par Sylvie Durbec en page d’un journal flâneur et sobrement intime où la sensibilité dont elle fait preuve effleure le temps et les choses.

    Talent évocatoire qui fait penser à Robert Walser, écrivain trop peu lu, dont Durbec est fervente. Walser affectionnait les « crayonnures », textes rédigés en caractères microscopiques difficilement lisibles.

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    Sylvie Durbec s’intéresse aux « écritures de pierre ». Qu’elle nous pardonne de lui emprunter l’image de celle-ci qu’elle a rencontrée dans un village oublié dont Giono s’inspira pour son roman Regain.

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    L’un de ces bergers qui occupèrent, jusqu’au milieu du vingtième siècle, les abris pastoraux dont cette pierre sèche provient y graffita sa solitude. On pense au soleil, au vent d’hiver, à la lune et aux Pléïades. C’est beau comme un fragment de Sappho. Une de ces inscriptions antiques que l’on ne peut pas lire mais dont on déchiffre quelques incertaines et émouvantes bribes.

    « Le monde des pierres (…) j’aime (…) où je m’a muserai ».

    Et puis c’est tout.

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  • Coup de balai à la Pointe-Courte

    Le propre de la France s’affirme de jour en jour. En ce début 2018, une frénésie de nettoyage s’est emparée de nos collectivités locales. Après Treboul, c’est La Pointe Courte, ce quartier de Sète d’où partit la Nouvelle Vague, qui fait l’objet d’un relookage extrême.

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    Le pittoresque là-bas étant en péril, il a été procédé –selon l’expression préfectorale– au démantèlement de dépôts sauvages sur la voie publique.

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    Par « dépôts sauvages » s’entend l’installation très personnelle qu’un ancien pêcheur du lieu avait gentiment laissé déborder de son cabanon défendu par de subversives inscriptions du genre : « Interdit aux chiants ».

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    Il faut dire que l’installation en question accumulait jouets en plastique, fleurs artificielles et fresques poissonnières incitatives au vagabondage de libres matous.

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    Intolérable, on le comprend !

    La chose, dans un passé récent, serait peut-être passée inaperçue mais la frénésie de médiatisation qui a gagné notre monde aboutit à fragiliser de tels environnements artistiques alors même que leurs visiteurs cherchent à les célèbrer.

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    Que voulez-vous, c’est humain : le numérique permettant à chacun d’être photographe, propulser son narcissisme à peu de frais sur les réseaux sociaux est tentant. Voilà comment des créations spontanées du style de celle de la Pointe Courte se retrouvent ensuite dans des guides où elles dégénèrent en attractions touristiques.

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    Ceci pour dire qu’il ne faut pas se hâter de taxer les pouvoirs publics d’iconoclastie singulière. Leurs précautions frileuses et notre admiration brouillonne sont en fait les deux phases d’un même processus de destruction. Celui-ci s’accélère d’autant plus que les recherches systématiques s’épanouissent en inventaires obsessionnels. Au détriment des créateurs eux-mêmes comme l’affaire de Tréboul l’a démontré.

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  • Pirette dans la Montagnette

    Prendre au sérieux la Montagnette. En dépit de son diminutif, elle tourne et grimpe gentiment après le pont en venant de Graveson. Tours crénelées, machicoulis, courtines, en coin de Départementale.

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    L’ai-je bien défendu ? semble dire le décor d’opérette qui protège l’Abbaye Saint-Michel-de-Frigolet des assauts du passé. Il s’en est passé de belles ici à la fin du XIXe siècle quand Jules Ferry se bagarrait pour l’enseignement laïc avec les religieux. Ceux-ci avaient pour eux Mistral, l’élixir du Père Gaucher et le bon thym de la garrigue (farigouleto en provençal).

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    Ces auxiliaires, il les ont encore et ce sont eux sans doute qui font pleuvoir sur le site un déluge estival de randonneurs et de punks à chiens. L’hiver est plus propice pour se décoller de cette tradition qui masque les vraies valeurs.

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    A grands renforts d’escaliers tortueux, de lumière monastique et de gros chats méfiants, ce haut lieu du gothic revival et son église hyper-enluminée vous distillent une ambiance à la Huysmans.

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    Avec un peu de chance on croise un chanoine blanc près d’un cierge. Avec un peu d’imagination on se prend pour un oblat en balade.

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    Retour à la réalité et bonne surprise interstiCielle à la sortie : ces jardinières superposées, dont le ciment imite des branchages.

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    IMG_3261.jpgLe rocailleur a signé son œuvre. Pas trace de ce Pirette dans l’incontournable ouvrage du bien nommé Michel Racine : Architecture rustique des rocailleurs (1981) mais nos lecteurs – Avignonnais ou pas – le connaissent peut-être.

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  • Pirouette et Sans Pattes

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    Fonde la cire des bougies de Noël ! Les poupées du baby-boom peuvent bien perdre leur son, l’année ne commence pas si mal. Grâce à Eliane Larus et à Robert Combas, 2018 s’avance vers nous pour un baiser gentiment interstiCiel.

    De la première cette Pirouette de vœux arrivée dans notre hotte comme une sucette à l’anis.

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    Du second une phrase, lue dans un entretien avec Eric Delhaye (Je n’écoute en boucle que mes disques) paru dans Libération le 7 janvier. A la question : Le disque que tout le monde aime et que vous détestez ? l’idole de la Génération Figuration Libre répond : « Yes et Genesis, j’ai toujours détesté. Ce sont de grosses machines. C’est comme Jeff Koons : je n’ai rien contre lui, mais on ne fait pas le même métier ».

     

    Shamanisation

    Les Sans Pattes Co-realisation Robert Combas & Lucas Mancione
    Paroles : RC/Musique : RC &LM
    Special guest : Genevieve Boteilla / Marc Duran / Pierre Reixach

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  • Poubelles rebelles à Tréboul

    Une bonne nouvelle pour commencer l’année.

    On a relâché le graffitiste de Douarnenez qui se livrait en catimini à l’inventaire général des titres de films sur les poubelles de sa ville.

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    Affaire à suivre cependant car la restauration à l’identique de ces pièces maîtresses du mobilier urbain coûterait paraît-il une fortune aux contribuables finistériens. Souhaitons que les tribunaux fassent preuve en cette affaire d’autant de compréhension et de célérité que la maréchaussée.

    l'internationale intersticielle,

    Celle-ci n’ayant pas mis plus de 4 mois pour appréhender en douceur le présumé cinéphile après que ses agissements iconoclastes (mais artistiques) aient été signalés sur un blogue amateur de pied dans le plat.

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